Bras-Panon, Saint-André et Saint-Benoît passent en alerte renforcée ; La Plaine-des-Palmistes et Salazie sont placées en alerte
La situation hydrologique continue de se dégrader à La Réunion. À la suite du comité sécheresse réuni le 8 juillet 2026, le préfet a signé, le 21 juillet, un nouvel arrêté renforçant les mesures de vigilance et de restriction des usages de l’eau sur une grande partie du département.
L’arrêté préfectoral confirme les informations annoncées ces derniers jours : Bras-Panon, Saint-André, Saint-Benoît et Saint-Joseph passent au niveau d’alerte renforcée, tandis que Salazie, Sainte-Marie et L’Entre-Deux basculent au niveau d’alerte. Les restrictions déjà appliquées dans plusieurs autres communes restent en vigueur.
Pour le territoire de la CIREST, cinq communes sur six sont désormais soumises à un niveau d’alerte ou d’alerte renforcée.
Une crise hydrique qui s’installe dans la durée
Cette nouvelle décision est motivée par la baisse persistante des débits des rivières, l’affaiblissement des nappes souterraines et les tensions déjà constatées ou redoutées sur certains réseaux d’alimentation en eau potable.
Les relevés effectués sur les réservoirs et les cours d’eau montrent que plusieurs ressources atteignent des niveaux particulièrement bas. Le Bras des Lianes, la Rivière des Marsouins ou encore le Bras Sainte-Suzanne se rapprochent de seuils historiques. Des risques de pénurie d’eau potable sont également identifiés dans plusieurs secteurs de l’île.
Selon les données rapportées par Le Quotidien, la saison des pluies 2025-2026 accuse un déficit pluviométrique d’environ 45 %. Depuis le mois de janvier, les précipitations sont restées nettement inférieures aux normales saisonnières. Certaines rivières sont désormais en situation d’écoulement très faible, voire d’assec, tandis que plusieurs nappes phréatiques demeurent durablement déficitaires.
Les pluies enregistrées au cours des dernières semaines ont pu apporter une amélioration ponctuelle aux sols et à certaines cultures, mais elles n’ont pas permis de reconstituer les réserves. La prochaine saison des pluies sera donc déterminante.
La situation commune par commune dans l’Est
L’arrêté distingue les niveaux applicables aux eaux souterraines et aux eaux superficielles. Lorsqu’une commune présente deux niveaux différents, c’est le niveau de restriction le plus élevé qui s’applique à l’eau distribuée par le réseau public.
Saint-André : alerte renforcée
Saint-André est placée en alerte renforcée, aussi bien pour les eaux souterraines que pour les eaux superficielles.
Il s’agit donc du niveau de restriction le plus élevé actuellement appliqué dans le département, avant le niveau de crise.
Bras-Panon : alerte renforcée
Bras-Panon est placée :
- en alerte pour les eaux souterraines ;
- en alerte renforcée pour les eaux superficielles.
Le niveau le plus élevé s’appliquant aux consommations issues du réseau d’eau potable, les usagers de Bras-Panon sont soumis aux mesures correspondant à l’alerte renforcée.
Saint-Benoît : alerte renforcée
La situation est identique à Saint-Benoît :
- alerte pour les eaux souterraines ;
- alerte renforcée pour les eaux superficielles.
Les restrictions d’alerte renforcée s’appliquent donc aux usages de l’eau distribuée.
La Plaine-des-Palmistes : alerte
La commune demeure placée au niveau alerte, tant pour les eaux souterraines que pour les eaux superficielles.
La nappe de La Plaine-des-Palmistes fait partie des ressources particulièrement surveillées en raison de niveaux durablement faibles.
Salazie : alerte
Salazie est placée :
- en vigilance pour les eaux souterraines ;
- en alerte pour les eaux superficielles.
Le niveau d’alerte s’applique donc aux usages de l’eau dans la commune.
Sainte-Rose : vigilance
Sainte-Rose reste placée en vigilance pour les eaux souterraines comme pour les eaux superficielles.
Ce niveau ne comporte pas encore les mêmes interdictions que les niveaux d’alerte, mais appelle tous les usagers à réduire volontairement leur consommation et à éviter les usages non indispensables.
Ce qui change pour les habitants
Les restrictions concernent les particuliers, les collectivités, les entreprises et les exploitants agricoles. Elles sont proportionnées au niveau applicable dans chaque commune.
Dans les communes en alerte renforcée
À Bras-Panon, Saint-André et Saint-Benoît :
- l’arrosage des jardins potagers est interdit entre 6 heures et 20 heures ;
- l’arrosage des pelouses est interdit ;
- l’arrosage des espaces verts publics et privés est interdit, sauf pour certains espaces récemment aménagés, qui peuvent être arrosés entre 18 heures et 8 heures ;
- le lavage des véhicules, engins et bateaux à domicile est interdit ;
- le remplissage des piscines et des plans d’eau de loisirs privés est interdit, sauf cas particuliers prévus par l’arrêté ;
- les prélèvements d’eau à usage domestique directement dans le milieu naturel sont interdits ;
- plusieurs usages agricoles, économiques et industriels sont réduits ou encadrés.
Dans les communes en alerte
À La Plaine-des-Palmistes et à Salazie :
- l’arrosage des jardins potagers et des espaces verts est interdit entre 8 heures et 18 heures ;
- l’arrosage des pelouses est interdit ;
- le lavage des véhicules à domicile est interdit ;
- le remplissage des piscines privées est interdit, hormis la remise à niveau et le premier remplissage lorsque le chantier avait commencé avant l’entrée en vigueur des restrictions ;
- les prélèvements domestiques dans le milieu naturel doivent être réduits de 50 % ;
- les prélèvements agricoles et certains usages professionnels font l’objet de limitations.
Les stations de lavage peuvent continuer à fonctionner uniquement lorsqu’elles utilisent des équipements économes : pistes à haute pression, système recyclant au moins 70 % de l’eau, programme économique ou ouverture partielle.
L’eau potable reste un usage prioritaire
L’arrêté ne prévoit pas de limitation générale des prélèvements nécessaires à l’alimentation en eau potable des populations, à la santé, à la salubrité ou à la sécurité civile.
Des mesures complémentaires peuvent néanmoins être prises localement si les tensions sur les réseaux l’exigent. Les communes peuvent notamment adopter, par arrêté municipal, des restrictions au moins aussi contraignantes que celles décidées par la préfecture lorsque la situation locale le justifie.
Les gestionnaires de réseau peuvent également mettre en place des plans de coupure ou des adaptations de la distribution en cas de tension importante sur les ressources.
Des dérogations strictement encadrées pour certains périmètres agricoles
Conscient des conséquences économiques de la sécheresse pour le monde agricole, l’arrêté maintient une possibilité dérogatoire pour plusieurs périmètres irrigués, notamment :
- le Bras de Cilaos ;
- le Bras de la Plaine ;
- Champ Borne ;
- les prélèvements ILO effectués dans le cirque de Salazie.
Ces prélèvements ne peuvent être maintenus que sous plusieurs conditions :
- informer les usagers des tensions pesant sur la ressource ;
- limiter les prélèvements au strict nécessaire ;
- se rapprocher des objectifs réglementaires de réduction ;
- garantir en permanence le débit minimal en aval des prises d’eau ;
- assurer un suivi régulier des volumes prélevés ;
- renforcer le suivi environnemental des bassins versants concernés.
Le communiqué préfectoral souligne que cette dérogation vise à limiter l’impact économique sur les exploitations tout en maintenant la protection des cours d’eau et des écosystèmes.
Des contrôles et des sanctions possibles
Le respect des restrictions peut faire l’objet de contrôles par les agents habilités, les services de l’État, les forces de police et de gendarmerie ainsi que les maires.
Le non-respect des mesures peut entraîner des sanctions administratives et pénales. L’arrêté mentionne notamment la possibilité d’une contravention de cinquième classe.
Il est donc recommandé à chaque usager de vérifier le niveau applicable dans sa commune et d’adapter immédiatement ses pratiques.
Un arrêté valable pendant un mois
L’arrêté prend effet à compter de sa signature, le 21 juillet 2026, pour une durée d’un mois.
LIRE ICI L’ARRETE PREFECTORAL :
À l’issue de cette période, la préfecture réévaluera la situation selon :
- l’évolution des débits des cours d’eau ;
- le niveau des nappes souterraines ;
- les tensions observées sur les réseaux d’eau potable ;
- les précipitations enregistrées ;
- les prévisions météorologiques.
Un nouvel arrêté pourra alors prolonger, renforcer ou lever les restrictions.
Chaque geste compte
Dans ce contexte, la CIREST appelle l’ensemble des habitants, entreprises, collectivités et acteurs économiques du territoire à adopter une consommation responsable :
- réduire la durée des douches ;
- fermer le robinet pendant le savonnage ou le brossage des dents ;
- faire fonctionner les appareils ménagers uniquement lorsqu’ils sont pleins ;
- récupérer l’eau lorsque cela est possible ;
- réparer ou signaler rapidement les fuites ;
- éviter tout usage non indispensable de l’eau potable ;
- respecter strictement les horaires et interdictions d’arrosage.
La préfecture rappelle que la sobriété de chacun est indispensable pour préserver l’accès à l’eau potable et protéger les milieux aquatiques. Les niveaux de restriction actualisés peuvent également être consultés sur la plateforme nationale VigiEau.
DANS LA PRESSE :
Article Le Quotidien de la Réunion







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