La CIREST a participé ce mercredi 26 août à Saint-Denis à la rencontre organisée par l’Agence française de développement (AFD) et la Banque des Territoires à destination des collectivités réunionnaises. Aux côtés des autres intercommunalités de l’île, le président de la CIREST, Joé Bédier, est intervenu sur un enjeu déterminant pour l’avenir du territoire Est : la sécurisation de l’eau et le développement des infrastructures d’assainissement.
Organisée à l’Orangerie de Saint-Denis, cette matinée avait pour objectif de réunir collectivités et partenaires financiers autour des grandes priorités des prochaines années, avec une attention particulière portée à l’ingénierie, à l’expertise et au financement des projets.
Le panel réunissait les cinq intercommunalités réunionnaises autour de plusieurs enjeux structurants : aménagement, mobilités, eau et assainissement, adaptation au changement climatique et économie circulaire.
Pour la CIREST, la question de l’eau prend aujourd’hui une dimension particulièrement stratégique.
Sécuriser l’eau pour préparer le développement de l’Est
La rencontre s’est déroulée alors qu’un comité sécheresse se tenait parallèlement à La Réunion, donnant une résonance très concrète aux échanges.
Les épisodes de tension sur la ressource rappellent en effet que la politique de l’eau ne peut plus être pensée uniquement à court terme. Elle doit désormais anticiper les conséquences du changement climatique et permettre au territoire de disposer, dans les prochaines décennies, d’infrastructures suffisamment robustes pour accompagner son développement.
Depuis le transfert des compétences eau potable et assainissement à l’échelle intercommunale en 2020, la CIREST doit agir simultanément sur plusieurs fronts : rattraper certaines mises à niveau nécessaires, renouveler et moderniser les réseaux et équipements existants, mais également préparer les infrastructures de demain.
Cette ambition se traduit notamment dans la PPI 2026-2030, avec la sécurisation de ressources existantes telles que le captage des Citronniers à Saint-André ou Bellevue à Salazie, la recherche de nouvelles ressources, le développement des capacités de stockage, le renouvellement des réseaux, la réduction des pertes, la télérelève ainsi que les investissements dans les infrastructures de production, de traitement et d’assainissement.
La réflexion doit également dépasser l’horizon 2030, avec notamment le développement des interconnexions et la perspective d’une véritable « Autoroute de l’eau » à l’échelle de l’Est, destinée à renforcer la résilience du territoire.
« Il ne suffit pas d’investir davantage. Il faut investir mieux »
Lors de son intervention, le président de la CIREST, Joé Bédier, a insisté sur la nécessité de penser les investissements sur plusieurs décennies.
À La Réunion, cette exigence est renforcée par l’insularité, les délais d’approvisionnement, le coût du transport, de l’énergie ou encore la disponibilité des équipements et des pièces de rechange.
La qualité de la conception des ouvrages devient donc déterminante : les infrastructures réalisées aujourd’hui devront être robustes, adaptées aux évolutions climatiques, maintenables et pensées en fonction de leur coût sur l’ensemble de leur durée de vie.
Cette stratégie passe également par un renforcement de l’ingénierie en amont des travaux afin de mieux connaître le patrimoine, approfondir les études, sécuriser les choix techniques et réglementaires et construire les plans de financement les plus adaptés.
AFD et Banque des Territoires : construire un partenariat dans la durée
La CIREST travaille déjà avec ses partenaires dans cette logique, notamment à travers l’étude globale de la Rivière du Mât et l’accompagnement engagé en matière d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour renforcer son ingénierie technique, financière, juridique et administrative.
Une nouvelle étape se prépare désormais avec plusieurs investissements structurants, parmi lesquels la future unité de traitement d’eau potable de Saint-Benoît et l’extension de la station d’épuration de Saint-André.
Pour la CIREST, le partenariat avec l’AFD et la Banque des Territoires doit ainsi permettre de construire une chaîne complète : renforcer la connaissance et l’ingénierie, concevoir des projets solides, maximiser les subventions disponibles puis mobiliser, lorsque cela est nécessaire, des financements de long terme adaptés à la durée de vie des grandes infrastructures.
Investir sans faire peser l’effort sur les familles
Le Président a enfin rappelé une dimension essentielle pour le territoire Est : la soutenabilité sociale de ces investissements.
Adapter les infrastructures au changement climatique, sécuriser de nouvelles ressources, renouveler les réseaux et absorber les surcoûts liés à l’insularité représentent des investissements considérables. Mais cette transformation ne peut pas reposer principalement sur une augmentation de la facture d’eau supportée par les usagers.
La CIREST défend donc la recherche du meilleur équilibre entre subventions, autofinancement et financements de long terme.
« Sécuriser l’eau aujourd’hui, c’est sécuriser le développement de l’Est demain. »
Une ambition qui dépasse la seule politique de l’eau : il s’agit de permettre à l’Est d’accueillir demain de nouveaux habitants, logements, entreprises et équipements, tout en renforçant sa résilience face au changement climatique.








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