À Sainte-Anne, sur la commune de Saint-Benoît, un site marqué par plusieurs décennies d’histoire est aujourd’hui en pleine transformation. La CIREST conduit la réhabilitation de l’ancienne décharge littorale de Ravine Sèche, avec un objectif majeur : sécuriser durablement ce massif historique de déchets et réduire les risques pour l’environnement et le milieu marin.
Ce jeudi 1er octobre, la CIREST a organisé une visite de chantier en présence des partenaires de l’opération et des médias. L’occasion de montrer concrètement l’évolution du site, de présenter les travaux déjà réalisés et de détailler les prochaines grandes étapes de cette opération environnementale d’envergure.
Près de 500 000 m³ de déchets hérités du passé
Avant de devenir une décharge, Ravine Sèche était, dans les années 1970, une zone d’extraction de galets et de matériaux.
C’est sur cette ancienne carrière que la décharge est ensuite implantée. Son exploitation est officiellement autorisée par arrêté préfectoral le 18 avril 1986.
Pendant près de vingt ans, jusqu’à sa fermeture en 2005, elle accueille les déchets ménagers et assimilés du territoire.
Au fil des dépôts successifs, un important massif s’est constitué entre la RN2 et l’océan : près de 500 000 m³ de déchets sur une emprise de plus de 5 hectares, soit environ sept terrains de football, avec une hauteur pouvant atteindre 25 mètres au-dessus du niveau marin.
Situé en bordure immédiate du littoral, le site est directement exposé aux pluies intenses, au ruissellement, à la houle et aux événements climatiques extrêmes.
Sa réhabilitation doit notamment permettre de limiter les infiltrations d’eau dans le massif, de mieux maîtriser les eaux pluviales, de réduire les risques de relargage de déchets ou de polluants vers le milieu marin et de renforcer les parties du site exposées aux aléas marins et fluviaux.
Stabiliser et confiner plutôt qu’excaver 500 000 m³ de déchets
Compte tenu du volume de déchets présents, le choix technique retenu n’est pas celui d’une excavation complète.
Retirer près de 500 000 m³ nécessiterait en effet des opérations de manipulation et de transport considérables, avec des coûts très importants et la création de nouveaux risques.
La solution retenue consiste donc à stabiliser, remodeler, couvrir et protéger durablement le massif sur place.
Le chantier comprend plusieurs grandes opérations : nettoyage des emprises, remodelage du massif afin d’adoucir les pentes, couverture destinée à limiter les infiltrations, création d’ouvrages de gestion des eaux pluviales, protection des bordures exposées aux aléas marins et fluviaux et, à terme, revégétalisation du site.
Des déchets retirés de la plage et réintégrés dans le massif
La présentation réalisée ce jeudi par ANTEA, maître d’œuvre de l’opération, a permis de dresser un nouvel état d’avancement du chantier.
Parmi les opérations désormais achevées figure notamment l’extraction des déchets présents sur la plage. Ceux-ci ont été retirés du littoral puis réintégrés dans le massif afin d’être pris en compte dans le dispositif global de confinement.
L’ouvrage de protection situé du côté de Ravine Sèche est également réalisé.
Sur la façade maritime, les travaux d’enrochement sont désormais réalisés à 50 %.
Le modelage du massif se poursuit parallèlement afin de lui donner progressivement sa configuration définitive.
Un calendrier précis jusqu’en 2027
Les prochains mois seront marqués par plusieurs étapes importantes.
D’ici fin octobre 2026, l’enrochement côté mer doit être finalisé.
À fin novembre, le modelage du massif de déchets doit à son tour être achevé, avec la réalisation des talus et du dôme.
L’objectif fixé pour fin décembre est ensuite la sécurisation et la fermeture complète du massif avec la mise en place d’une couche de terre.
De novembre 2026 à mars 2027, les travaux porteront sur la réalisation des étanchéités et de la couverture finale.
De février à avril 2027 seront réalisés les aménagements des accès ainsi que les ouvrages nécessaires à la gestion des eaux pluviales et à la surveillance du site.
Enfin, de mai à octobre 2027, les aménagements paysagers viendront compléter la réhabilitation, avec notamment la végétalisation du site et la création de haies.
À terme, l’ancien massif de déchets doit ainsi présenter un profil entièrement remodelé, couvert, sécurisé et mieux intégré dans son environnement.
Un investissement de 5,1 millions d’euros
La réhabilitation de Ravine Sèche représente un investissement prévisionnel global d’environ 5,1 millions d’euros hors taxes, comprenant les études, l’ingénierie, les travaux et les aménagements.
La CIREST, maître d’ouvrage de l’opération, bénéficie d’un accompagnement particulièrement important de l’État via l’ADEME, à hauteur de 91 % du coût du projet.
Dans le détail, environ 4 millions d’euros HT sont consacrés aux travaux de terrassement, de couverture, de drainage, de confortement et de VRD. Les aménagements paysagers représentent environ 200 000 euros HT, tandis que 900 000 euros sont consacrés aux études et au suivi environnemental.
Le chantier de Ravine Sèche s’inscrit dans le Plan national de résorption des décharges littorales historiques, lancé par l’État en 2022 afin de traiter prioritairement les anciens sites présentant un risque de relargage de déchets en mer.
Un chantier particulièrement surveillé
La nature même du site impose des conditions d’intervention et de surveillance renforcées.
Les investigations préalables ont notamment identifié ponctuellement des matériaux contenant de l’amiante dans certaines zones du massif. Des protocoles spécifiques de prévention et de protection des travailleurs sont donc appliqués.
Le chantier demeure interdit au public et seuls les opérateurs habilités peuvent pénétrer dans les zones concernées selon des procédures strictes.
Des mesures régulières sont également effectuées dans l’environnement du chantier. À ce jour, les prélèvements réalisés en limite de chantier n’ont pas détecté de fibres d’amiante.
Après les travaux, la surveillance continuera
La fin du chantier ne signifiera pas la fin du suivi de Ravine Sèche.
ANTEA prévoit notamment un suivi environnemental de la qualité des milieux pendant au minimum deux ans à l’issue des travaux.
Au-delà de ce suivi opérationnel, le site restera soumis au contrôle environnemental réglementaire prévu pour cette ancienne installation pendant au moins trente ans après la fin des travaux.
Cette surveillance portera notamment sur les eaux souterraines, les eaux superficielles, l’air et la biodiversité. Elle permettra de contrôler dans le temps l’état des milieux et l’efficacité des dispositifs mis en place.
Un site réhabilité, mais pas un futur espace de loisirs
La réhabilitation de Ravine Sèche ne vise pas à transformer l’ancienne décharge en espace de loisirs.
Compte tenu de son histoire et de son classement, le site restera soumis à des contraintes environnementales et réglementaires.
La projection paysagère présentée dans le cadre du projet permet néanmoins de visualiser la transformation attendue : un massif remodelé et couvert, des ouvrages de gestion des eaux, une protection renforcée du littoral et une revégétalisation adaptée au bioclimat local.
Toute éventuelle reconversion future du site devra être compatible avec ces contraintes techniques et réglementaires.
Réparer un héritage environnemental et protéger durablement l’Est
Avec la réhabilitation de Ravine Sèche, la CIREST intervient sur un héritage environnemental vieux de plusieurs décennies.
L’objectif n’est pas d’effacer l’histoire du site, mais d’en maîtriser durablement les conséquences : sécuriser l’ancien massif de déchets, réduire les risques de relargage vers l’océan, mieux gérer les eaux et renforcer la protection du littoral.
Une opération qui s’inscrit dans le temps long : après le chantier et la transformation paysagère du site, la surveillance environnementale se poursuivra pendant plusieurs décennies.












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